MT400 - Jean-Loup ZITOUN

Invasions biologiques et espèce valorisées: D'une modélisation éco-génomique à l'évaluation des stratégies de contrôle

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Invasions biologiques et espèce valorisées: D'une modélisation éco-génomique à l'évaluation des stratégies de contrôle

Mots clés : Invasion biologique, espèce invasive, écologie, génomique, modélisation 

MT400 :
Les espèces invasives sont définies comme des organismes introduits dans une région par l'activité humaine, qui établissent des populations capable de croître démographiquement et qui se propagent sur des distances importantes depuis les sites d'introduction. Avec l'augmentation des échanges internationaux, la fréquence des invasions biologiques par ces espèces a atteint un niveau sans précédent. Elles sont désormais largement reconnues comme une composante majeure du changement global qui peut altérer le fonctionnement des écosystèmes et redéfinir la biogéographie à l'échelle mondiale. Malgré des avancées majeures, les déterminants clés du succès des espèces invasives, leur impact sur les écosystèmes et les facteurs de régulation de ces invasions biologiques font toujours l'objet de débats. Des études empiriques montrent en effet des impacts divergents des espèces invasives sur les écosystèmes et des effets contrastés des facteurs de régulation sur la dynamique des populations non indigènes. En conséquence, la gestion locale de toute invasion nécessite une solide compréhension des interactions écologiques et biologiques entre les espèces envahissantes et l'environnement envahi.

Ces interactions vont donc jouer le rôle de mécanismes de régulation sur la population de l'espèce invasive. Cette régulation peut dépendre des besoins nutritifs et d'habitat de l'espèce invasive, décrit par l'accès à la ressource et caractériser par sa densité et sa diversité génétique dans le milieu envahi, mais aussi de l'impact des espèces prédatrices ou parasite. Leur caractérisation pourrait donc permettre de prédire la dynamique de l'invasion.

Mon projet de thèse porte sur l’invasion actuelle des forêts de châtaigniers des Pyrénées-Orientales par un parasite hyménoptère asiatique. Cet insecte va induire la formation de galles sur les feuilles de châtaignier suite au dépôt de ses œufs dans les bourgeons. Ces attaques ont des conséquences importantes sur la santé des arbres, mais aussi sur la production de bois et de noix.

Durant ma première année de thèse, j'ai donc utilisé des études de terrain et moléculaires pour caractériser i) les variations spatiales et temporelles du taux d'invasion observé, ii) les structures écologiques et génétiques des forêts de châtaigniers, et iii) la communauté des hyperparasites qui peuvent potentiellement contrôler cette espèce envahissante. Finalement, l'intégration de ces données écologiques et génomiques dans des modèles mathématiques que j'ai conçus me permettra d'examiner plus largement les déterminants clés de l'évolution de l'invasion et de simuler les effets de différentes stratégies de contrôle.

Jean-Loup ZITOUN, Sébastien GOURBIERE, Joris BERTRAND
Laboratoire Génome et Développement des Plantes (LGDP), Université de Perpignan Via Domitia, Perpignan
jeanloup.zitoun@univ-perp.fr

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Mise à jour le 3 novembre 2020